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Equipe 2 : Ecologie INTERtidale et ESTuarienne INTEREST

par Philippe NOTEZ - publié le , mis à jour le


Responsable : Laurent Seuront (DR, CNRS)
Co-responsable : François Gevaert (MC Lille)

Membres permanents : 1 chercheur CNRS, 13 enseignants-chercheurs (7 Lille, 4 ULCO, 1 Sorbonne Université, 1 ESPE-LNF), 2 ingénieurs d’étude

Rachid Amara (PR ULCO), Vincent Bouchet (MC ULille), Lionel Denis (PR, ULille), Gwendoline Duong (IE, ULille), Sylvie Gaudron (MC, Sorbonne Université), François Gevaert (MC ULille), Fabienne Goulard (MC ULille), Françoise Henry (MC, ULCO), Frida Ben Rais Lasram (MC ULCO), Sébastien Lefebvre (PR, ULille), Christophe Luczak (MC ULille), Philippe Notez (IE, ULille), Laurent Seuront (DR, CNRS), Nicolas Spilmont (MC ULille), Eric Tavernier (MC ULCO), Carole Vallet (MC, ESPE-LNF)


Cadre général :

Les écosystèmes côtiers font partis des écosystèmes les plus vitaux à l’échelle globale, tant d’un point de vue écologique que d’un point de vue socio-économique, puisqu’ils génèrent plus de 14 milliards de dollars de biens (nourriture et matière première) et de services (régulation des perturbations et cycles de la matière) par an, soit 43% du total à l’échelle de la planète. Il existe aujourd’hui une multitude d’exemples des effets du réchauffement climatique sur la structure et le fonctionnement des écosystèmes aquatiques et terrestres, depuis les pôles jusqu’aux tropiques à l’échelle de l’espèce comme de la communauté. Il est toutefois encore difficile d’apprécier les conséquences des grands scenarii du changement climatique sur les écosystèmes côtiers (en particulier leurs composantes intertidales et estuariennes de par leur position d’interface entre continents et océans) et, de facto, l’ampleur des gradients environnementaux et des forçages climatiques et anthropiques locaux qui les caractérisent. De plus, les organismes, les populations et les communautés ne répondent pas aux moyennes globales prédites par les modèles climatiques, mais aux propriétés locales de leur environnement, et ce sont ces propriétés que nous considèrerons comme les plus pertinentes dans le contexte d’une réponse écologique au changement climatique.

La question de comprendre la capacité des espèces, populations et communautés à résister et, éventuellement, à s’adapter à une modification des propriétés de leur environnement est plus que jamais d’actualité et se trouve être au centre des débats écologiques depuis près de deux décennies mais a aussi des implications considérables en termes de mise en place de stratégies de management et de conservation. Les composantes intertidales et estuariennes des écosystèmes côtiers incluent une grande variété d’environnements (e.g. les substrats durs et meubles des domaines intertidal et estuarien) et peuvent ipso facto être considérées comme résilientes aux forçages externes, qu’ils soient d’origine climatique ou anthropique.

Ces écosystèmes ont été, et sont plus que jamais, impactés par les pollutions minérales et organiques, une surexploitation des ressources vivantes, les espèces introduites, la modification du trait de côte et les changements globaux tels que le réchauffement, l’acidification, l’élévation du niveau des océans ou encore l’augmentation des radiations UV et de la fréquence et de l’intensité des tempêtes. Les conséquences écologiques de ces forçages, bien qu’encore peu comprises, sont nombreuses depuis les échelles locales jusqu’aux échelles globales, et incluent des changements dans les patrons de zonation et de biogéographie, la composition spécifique, la diversité, les interactions spécifiques et la structure des communautés comme dans les niveaux de production primaire et secondaire. La prise en compte de ces problèmes est essentielle car (i) les activités anthropiques affectent les écosystèmes bien plus rapidement que nous ne devenons conscients de leurs effets, ce qui constitue un risque majeur en lui-même, et (ii) ces écosystèmes sont soumis à des conditions parmi les plus extrêmes, et sont particulièrement vulnérables à des changements, même subtils, des propriétés biotiques et abiotiques de leur environnement, la température, par son contrôle sur le métabolisme, en étant une des principales.

Dans ce cadre, il est essentiel de comprendre les effets potentiels des changements climatiques prévus sur les organismes et les écosystèmes intertidaux et estuariens en estimant le plus objectivement possible leur capacité à répondre, à s’adapter (microévolution) et éventuellement à survivre, au changement climatique. Notre recherche s’articule autour de 3 axes de recherche distincts, mais en interaction permanente.
L’axe 1 « Flux de matières et d’énergie au sein des écosystèmes intertidaux et estuariens » a pour objectif de caractériser de manière qualitative comme quantitative les flux de matière (O2,C,N,P) et d’énergie au sein des écosystèmes intertidaux et estuariens avec une attention toute particulière portée à deux compartiments biotiques (les oiseaux limicoles et les foraminifères) dont le rôle est majeur sur la structuration du réseau trophique.

L’axe 2 « Services écosystémiques des écosystèmes intertidaux et estuariens » vise à inventorier, puis à quantifier, cartographier et modéliser les services écosystémiques délivrés par les écosystèmes intertidaux et estuariens. Notre approche consiste également à simuler différents scénarii d’évolutions futures afin d’apporter aux gestionnaires (en particulier locaux) des éléments concrets pour l’optimisation de la prise de décision en matière de conservation des écosystèmes intertidaux et estuariens.

L’axe 3 « Adaptation et résilience aux forçages hydroclimatiques et anthropiques » a pour objectif de comprendre les réponses comportementales, physiologiques et biochimiques des organismes peuplant les écosystèmes intertidaux et estuariens (i.e. des producteurs primaires comme le microphytobenthos et les macroalgues, jusqu’aux niveaux trophiques supérieurs comme la macrofaune, les poissons et les oiseaux limicoles) pour mieux comprendre et prédire la réponse des populations et des communautés à une variété de stress d’origines naturelle et anthropique.

Si les zones d’études privilégiées restent les zones intertidales et estuariennes de la Manche orientale et du Sud de la Mer du Nord, INTEREST est également présente à l’échelle globale avec des chantiers à l’échelle européenne, en Afrique, en Asie du Sud Est, en Amérique centrale et dans l’océan austral.