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Séminaire du Pr. TALEB OULD SIDI Mahfoud

vendredi 20 octobre 2017 à 14h30

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Séminaire du PR. TALEB OULD SIDI Mahfoud, Directeur de l’Institut Supérieur des Sciences de la Mer (Nouadhibou)

Date : vendredi 20 octobre 2017 à 14h30

Lieu : Salle de conférences LOG MREN à Wimereux

Thème I : présentation succincte de l’Académie Navale et de l’ISSM
Avec ses quatre institutions de formation couvrant tous les domaines civils et militaires liés à la mer, l’Académie Navale cherche à dessiner le futur de ce secteur stratégique pour la Mauritanie.
Nous focalisons l’attention sur la filière Sciences Halieutiques et Industries de Pêches (SHIP) de l’ISSM dont le slogan est « écouter l’avenir ».
Il s’agit de prendre en compte l’avenir :
- des entreprises maritimes mauritaniennes (et sous peu ouest africaine) dont nous sommes le gisement.
- des jeunes qui ont choisi les métiers maritimes par réelle vocation par un accompagnement à travers une pédagogie innovante (classe inversée, campus numérique, incubateur d’entreprises)
Au diapason des enjeux d’aujourd’hui et de demain :
- Gestion durables des ressources halieutiques et maîtrise des impacts
anthropiques sur l’environnement marin ;
- Chaine de valeur de l’économie bleue ;
- en phase avec l’avenir du territoire où nous sommes implantés (Pôle de compétitivité halieutique de la zone Franche de Nouadhibou) ;
- Taux de placement de nos lauréats dans un secteur professionnel attractif.

Thème II : Pétrole offshore et poissons : que choisir ?
En Mauritanie, la pêche maritime se distingue par cinq caractéristiques principales :
Une zone parmi les plus poissonneuses au monde ;
Une biodiversité marine et côtière riche et variée dont des dizaines d’espèces sous-exploitées avec deux exceptions notables : le poulpe (Octopus vulgaris) et la sardinelle ronde (Sardinella aurita) ;
Plus de 95 % des poissons pêchés dans les eaux mauritaniennes sont destinés à l’exportation ;
Plus de 80 % des prises sont réalisées par des flottes étrangères opérant dans le cadre d’accord de pêche ou de contrat d’affrètement ;
18 % du budget national, 40 % des recettes en devise, environ 4-5 % du Produit Intérieur Brut et 36 % de l’emploi dit moderne (données 2015).

En 2006, la Mauritanie devient un pays pétrolier. Le pétrole est considéré par les pouvoirs publics et la société en général comme un puissant levier pour la Mauritanie qui se posait la question « et si le pétrole aidait à mieux gérer l’insécurité écologique » (Magrin, 2011). Face aux enjeux multiples la Mauritanie adopte un programme de recherche « biodiversité gaz pétrole », qui regroupe les principales institutions de recherche nationales dans le but de mieux comprendre pour mieux gérer, de sensibiliser l’opinion publique nationale et internationale sur les impacts environnementaux et surtout pour protéger la biodiversité marine mais aussi les intérêts du secteur de la pêche contre les éventuelles pollutions (Film de 27 mn).
Grace aux efforts de recherche des multinationales mobilisant de très grands moyens des nouvelles découvertes majeures ont été effectuées : le plus long corail d’espèces d’eau froide au monde et mise en évidence de la grande biodiversité des grands fonds (Colman et al, 2005 ; Eisele et al, 2011 ; Westphal et al, 2013).
Le centre de gravité de la pêche est localisé dans la partie nord de la ZEE du pays et vers la côte ; l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures offshore au sud et au large (plus de 2000 m de profondeur). Est-ce le fait d’un pur hasard ou une façon de concilier entre les deux activités antagonistes ?

L’exploitation du pétrole offshore a généré de nouvelles sources de revenu pour l’Etat et d’emplois pour les mauritaniens avec une amélioration notable du pouvoir de négociation avec les pays pêcheurs (accord de pêche) et baisse de pressions sur les ressources halieutiques.
Mais le pétrole offshore n’a pas tenu ses promesses. La production pétrolière n’atteint que 15 % du volume prévu avant de s’arrêter en 2014.

En 2015, il y a une nouvelle découverte majeure du Gaz naturel avec un gisement de classe internationale à cheval entre la Mauritanie et le Sénégal, dont le début d’exploitation est prévu en 2021. Prenant comme modèle l’exemple norvégien, la Mauritanie cherche à éviter à devoir composer avec le terrible dilemme « pétrole offshore ou poissons : que choisir ! ».

Durée estimée de la présentation :45-50mn (y compris le film de 28 mn : immersion en terre inconnue : la mer mauritanienne l’espoir de tout un peuple)